Enfant dyslexique: Quelles sont les solutions?

Différentes méthodes et solutions sont proposées pour atténuer les troubles que peut entraîner la dyslexie.

Par rapport à l’enseignement.

Pour les enseignants, quelques conseils et informations sont nécessaires afin de se familiariser facilement avec ce trouble et d’aider ces enfants : face à une pédagogie adaptée à son handicap, l’enfant dyslexique pourra conserver sa motivation et pourra ainsi continuer à acquérir des connaissances en classe malgré son fonctionnement cognitif particulier. Les adaptations pédagogiques permettent à l’enfant dyslexique d’être au même niveau que les autres en termes de charge cognitive souhaitée. Il s’agit de trouver des moyens de compensation afin qu’il n’accumule pas un retard scolaire dans toutes les matières en plus de son retard en lecture et en orthographe.

En classe :

  • Laisser plus de temps pour la lecture des consignes ou demander à un camarade de lire les consignes à voix haute.
  • S’assurer que toutes les consignes écrites sont bien comprises avant la réalisation : reformuler.
  • Favoriser les exercices à trous (grammaire, conjugaison, histoire…) pour limiter le coût orthographique.
  • Faire pratiquer le tutorat par un camarade qui sert de secrétaire et vérifie la prise de notes.
  • Surligner les mots importants d’un texte.
  • Aide-mémoire sur la table.
  • Essayer de redonner au dyslexique une meilleure image de soi, lui redonner confiance en soi, en lui montrant que des progrès sont possibles. Possibilité de mettre en place des « contrats de travail » avec des objectifs à atteindre, laisser l’enfant s’auto évaluer.

Expression écrite :

  • Raccourcir la longueur des productions écrites (dictée, rédaction…).
  • Envisager l’aide de l’ordinateur (correcteur d’orthographe) pour tout travail écrit demandé ou donner la possibilité à l’enfant de dicter à une tierce personne ce qu’il souhaiterait écrire ce qui lui permettra de se consacrer à la réflexion sur le contenu.
  • Mettre à disposition un certain nombre de mots sur le thème de la rédaction pour soulager le coût cognitif relatif à l’orthographe.
  • Privilégier le contrôle des connaissances à l’oral plutôt qu’à l’écrit.

Lecture :

  • Pour l’évaluation des capacités de lecture ne jamais le faire lire à voix haute devant la classe mais le faire lire individuellement, en l’encourageant et le déculpabilisant.
  • Pour la prise de connaissance des textes, les élèves peuvent également avoir recours au livre audio, qui contourne la difficulté en faisant appel à l’ouïe plutôt qu’à la vue.

Pour les devoirs :

  • Aider l’élève à organiser son travail.
  • Prévoir de fournir une feuille avec des indications précises pour les devoirs à la maison.
  • À la maison, demander à ce qu’on lui lise les consignes et les leçons pour qu’il les apprenne.
  • Faire précéder la lecture par l’enfant par une lecture par un tiers.

La notation :

  • Noter le fond plutôt que la forme.
  • Ne pas pénaliser l’orthographe dans un travail spécifique autre que la dictée (exemple : en conjugaison, ne prendre en compte que la terminaison des verbes).
  • Lors d’une dictée, calculer le rapport du nombre d’erreurs sur le nombre de mots écrits : ainsi l’enfant constate ses progrès en cours d’année.
  • Prendre en compte ses auto-corrections dans la notation.

Les solutions les plus courantes.

La solution habituellement proposée pour faire face directement au problème de lecture est l’orthophonie. Son but à travers des séances de travail avec un spécialiste consiste à travailler sur les erreurs que peut commettre un dyslexique vis à vis de la lecture et de l’écriture. Il consiste surtout à définir, grâce à des tests appropriés et étalonnés pour chaque tranche d’âge, le type de dyslexie et donc la nature du trouble sous-jacent afin de tenter de le résoudre ou de le réduire. Par exemple, dans la forme la plus fréquente de dyslexie, la dyslexie phonologique, le trouble se situe au niveau de la capacité de l’enfant à se représenter mentalement la forme sonore des mots et de leur composition phonétique. Les exercices réalisés de manière intensive par les orthophonistes consisteront alors à rétablir une bonne connaissance explicite des phonèmes et de leur correspondance écrite. A l’inverse, dans les formes plus rares où le trouble est plutôt d’ordre visuel ou attentionnel, la rééducation orthophonique sera très différente, basée sur la reconnaissance rapide de formes graphiques proches et la reconnaissance globale des mots écrits. Parmi les très nombreuses alternatives à la rééducation orthophonique classique de la lecture, nous citerons – la sémiophonie, technique utilisant les sons est également reconnue et utilisée dans certains pays, son usage aidant parfois très nettement des personnes que l’orthophonie ne soulage pas forcément. – l’occlusion d’un œil, – le port de lunettes ou lentilles de couleur, – des rééducations intensives de l’audition, – des rééducations de l’équilibre, – un traitement nutritif basé sur les acides gras essentiels, – le traitement de la déficience posturale.


Les méthodes indirectes.

D’autres solutions reconnues par les milieux scientifiques sont parfois appliquées pour résoudre les problèmes liés à la dyslexie, c’est le cas de la psychomotricité, l’orthoptie, l’ergothérapie, et la psychologie. Leurs effets, s’ils peuvent aider parfois un enfant dyslexique, n’ont pas jusqu’à présent permis de guérir des enfants de leur dyslexie sans orthophonie.

Les autres méthodes existantes.

Il existe de nombreuses autres approches pour proposer des solutions à des niveaux divers.

  • L’apprentissage par les sens. Différentes méthodes sont proposées pour tenter un mode d’apprentissage plus efficace en utilisant conjointement plusieurs sens.
  • La réorientation. D’origine anglaise, le principe s’apparente à une méthode de « concentration », quasiment au sens propre, puisqu’il s’agit de recentrer son attention dans l’espace. Bien qu’indirecte elle semble efficace si les individus se réfèrent aux résultats affichés par Ronald Dell Davis.
  • La méthode Padovan, s’inspirant des travaux de Rudolph Steiner, reprend le développement de l’individu, depuis ses premières acquisitions motrices (marche), pour l’amener vers le langage, puis la pensée.
  • L’analyse des troubles posturaux (rétine, labyrinthe et vestibule, récepteurs, musculaires, articulaires, capteurs plantaires…) qui informent en permanence le système nerveux central, du degré de contraction musculaire, de la position des différents segments corporels et de la position des objets dans l’environnement, permet de proposer des méthodes innovantes avec des résultats encourageants.

directeur de recherches au CNRS et professeur attaché à l’École Normale Supérieure, au Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, Institut d’étude de la Cognition, École Normale Supérieure à Paris.

En définitive, comme le souligne Frank Ramus « la dyslexie est un vaste marché : beaucoup de « solutions », voire des remèdes-miracles, sont vendus aux parents de dyslexiques, aux orthophonistes et aux ophtalmologues »…. « Tous ces traitements doivent être considérés avec la plus grande prudence. Les traitements et méthodes de rééducation pour la dyslexie devraient idéalement être évalués avec autant de rigueur scientifique que les traitements médicamenteux proposés pour toute maladie. Malheureusement, les traitements non médicamenteux ne nécessitent pas d’autorisation de mise sur le marché. C’est ce vide juridique qui permet la prolifération de méthodes à l’efficacité non prouvée. »

Il existe aussi beaucoup de logiciels qui peuvent être utilisés à l’école pour aider l’enfant dyslexique. Un logiciel de dactylographie peut lui être utile pour l’aider, par la suite, à parvenir à prendre des notes et écrire ses cours convenablement.

Divers.

Certains mouvements sectaires considèrent les dyslexiques comme des personnes dotées d’une intelligence et d’une maturité spirituelle supérieures voire de pouvoirs paranormaux. Ils utilisent ainsi les difficultés rencontrées par les enfants pour séduire les parents en présentant leur situation sous un angle favorable. Il convient donc d’aborder ces approches de la dyslexie avec circonspection.

Il est clairement établi que la pratique de la lecture, de l’écriture, de la mémorisation, de l’apprentissage des langues, même, change le cerveau de l’enfant comme de l’adulte. Considérant le lien entre dyslexie et neurologie, la plasticité du cerveau humain permet beaucoup d’espoirs pour les dyslexiques. De nombreuses études ont permis d’observer ce phénomène : plus les dyslexiques avancent dans leurs études, plus ils semblent aptes à gérer leurs difficultés. Ce phénomène relève d’un mécanisme neurobiologique général connu sous le terme de plasticité du cerveau.

Enfin, une solution, envisagée par les avant-gardes poétiques dans les œuvres de Lautréamont et Mallarmé, consiste à imaginer un autre langage, nouveau dans sa graphie des syllabes. Ces symboles graphiques de sons seraient plus cohérents entre l’empreinte, l’impression mentale laissée par le son et un équivalent de forme pris dans le monde, impliquant la création d’une nouvelle graphie de phonèmes en correspondance son-forme du monde. Cette théorie est un sujet de controverses chez les spécialistes. Plus pragmatiquement, le livre audio (livre lu par un lecteur et enregistré sur différents supports) peut rendre la lecture moins contraignante pour les dyslexiques, et ainsi redonner une dimension ludique au livre.

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