La dyslexie : Questions et réponses.

Existe-t-il un médicament ?

La dyslexie est un trouble persistant. Il est néanmoins possible d’y faire face grâce à des prises en charge appropriées, cependant, un certain nombre d’aspects peuvent rester déficitaires, notamment la maîtrise de l’orthographe. Un médicament efficace, certainement pas, compte tenu de ce qui a été dit précédemment (origine génétique du trouble et effet sur l’organisation des structures cérébrales sous-tendant le traitement langagier), même si certains préconisent des traitements à base de Méthylphénidate actuellement utilisé dans le cadre de troubles attentionnels et d’hyperactivité, d’antihistaminiques, de molécules supposées stimuler certaines capacités cognitives (Piracétam), ou encore de compléments nutritifs à base d’acides gras polyinsaturés. Cependant, les essais cliniques, soit n’ont montré aucun effet, soit ont montré des effets non spécifiques par rapport aux capacités de lecture.

Peut-on en guérir de la dyslexie?

Dans la mesure où il semble exister chez les dyslexiques des particularités cérébrales résultant de migrations anormales de neurones lors du développement embryonnaire, la possibilité d’agir sur ce trouble peut paraître limitée.

  • Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’en réalité, la manière dont le trouble va se manifester dépendra des interactions entre l’organisation cérébrale plus ou moins perturbée des régions sous-tendant le traitement du langage écrit et les stimulations environnementales auxquelles sera soumis l’enfant.
  • On dispose par exemple aujourd’hui des résultats d’un certain nombre d’études en imagerie cérébrale qui montrent que les activations cérébrales anormales durant des tâches de lecture chez des dyslexiques tendent à se normaliser après que ceux-ci aient subi des entraînements phonologiques intensifs.

Quelle est la répartition fille / garçon ?

La question de la répartition fille/garçon ne fait pas aujourd’hui l’objet d’un consensus dans le monde scientifique. La prévalence supérieure classiquement rapportée chez les garçons (de l’ordre de 2 à 3 garçons pour une fille) a en effet été remise en question par un certain nombre de chercheurs.

  • Selon notamment une étude réalisée aux États-Unis (1), il existerait des biais de recrutement à la base de cette répartition. Cette étude montre en effet que dans le cadre scolaire, le nombre de garçons diagnostiqués dyslexiques est 4 fois plus important que ce nombre chez les filles alors qu’il est sensiblement le même quand la sélection s’effectue dans le cadre de recherches (c’est-à-dire en administrant des tests de lecture à l’ensemble des enfants et non seulement à ceux « repérés » par les enseignants).
  • En se référant au modèle de la dyslexie précédemment évoqué, on pourrait avancer que ce biais de recrutement en faveur des garçons en milieu scolaire est lié au fait que les garçons dyslexiques présentent plus fréquemment des troubles associés que les filles, ce qui aggrave de façon générale leurs difficultés d’apprentissage et rend ainsi les manifestations de leur dyslexie plus repérable.
  • Des études supplémentaires, notamment sur des populations francophones, semblent néanmoins nécessaires pour déterminer dans quelle mesure ces résultats sont généralisables.

En souffre-t-on physiquement ? moralement ?

On n’en souffre pas physiquement à proprement parler mais on peut en souffrir moralement. Notamment si le trouble n’est pas reconnu et si ses manifestations (orthographe déplorable, difficultés de compréhension des énoncés écrits,…) sont injustement interprétées comme le résultat d’un manque d’effort, voire de paresse ou encore de manque d’intelligence.

Dans une famille, quand un enfant est dyslexique, les autres le seront-ils également ?

Pas nécessairement…Ils ne le seront pas nécessairement mais présenteront un risque plus important de l’être que des enfants dont aucun membre de la famille ne souffre de dyslexie. En fait, le risque pour un enfant de présenter une dyslexie augmente en fonction de la proximité en termes de matériel génétique partagé avec le parent souffrant de dyslexie. Par exemple, le risque de développer une dyslexie pour un jumeau monozygote (jumeau « vrai » possédant le même matériel génétique) de dyslexique est supérieur à celui d’un frère ou d’une sœur, lui-même supérieur à celui d’un cousin de dyslexique.

Peut-on devenir ou naît-on dyslexique ?

Il serait impropre de dire que l’on naît dyslexique. Dans la mesure où l’on ne peut être qualifié de dyslexique qu’à partir du moment où l’on se trouve mis en difficulté dans le processus d’apprentissage de la langue écrite qui débute habituellement aux environs de 5 – 6 ans, il serait impropre de dire que l’on naît dyslexique.

  • Cependant, on peut dire que l’enfant naît avec des dispositions (en termes de caractéristiques cérébrales) qui risqueront d’entraver son apprentissage de la lecture et faire de lui un dyslexique.
  • Comme nous l’avons évoqué précédemment, un certain nombre de données permettent de penser que les dyslexiques présentent des particularités cérébrales qui pourraient être la conséquence de migrations neuronales anormales se produisant durant la période de développement embryonnaire. Les facteurs susceptibles d’entraîner un défaut spécifique d’apprentissage du langage écrit sont déjà présents dès avant la naissance de l’enfant.
0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *